Le transfèrement de personnes condamnées
Le transfèrement de personnes condamnées entre la Suisse et l'étranger : conditions, procédure et rôle de l'OFJ selon la Convention du Conseil de l'Europe.
Derniere mise a jour : 2026-04-19
Le transfèrement de personnes condamnées
Le transfèrement permet à une personne condamnée dans un État de purger sa peine dans son État d'origine ou de résidence. Il vise à favoriser la réinsertion sociale du condamné.
Le cadre légal
Le transfèrement est régi par :
- La Convention du Conseil de l'Europe sur le transfèrement des personnes condamnées (1983)
- Son protocole additionnel (1997)
- L'EIMP (art. 94-108)
Les conditions du transfèrement
Le transfèrement peut être accordé si :
- La personne condamnée est ressortissante de l'État vers lequel le transfèrement est demandé (ou y réside)
- Le jugement est définitif et exécutoire
- La durée de la peine restant à exécuter est d'au moins six mois
- L'infraction est également punissable dans l'État d'exécution (double incrimination)
- La personne condamnée consent au transfèrement (sauf exception du protocole additionnel)
La procédure
La demande peut émaner de l'État de condamnation, de l'État d'exécution ou de la personne condamnée. En Suisse, l'OFJ est l'autorité compétente. Il consulte les autorités cantonales avant de prendre sa décision.
L'adaptation de la peine
L'État d'exécution peut adapter la peine à son droit national, dans les limites de la peine prononcée. La peine ne peut pas être aggravée. Si la peine prononcée à l'étranger est supérieure au maximum prévu par le droit suisse, elle est ramenée à ce maximum.
Les effets du transfèrement
Après le transfèrement :
- L'État de condamnation ne peut plus exécuter la peine
- L'État d'exécution est lié par la constatation des faits et la nature juridique de l'infraction
- La grâce ou l'amnistie peuvent être accordées par l'un ou l'autre État
Le transfèrement involontaire
Le protocole additionnel de 1997 permet, dans certaines conditions, le transfèrement sans le consentement du condamné, notamment lorsque celui-ci fait l'objet d'une mesure d'expulsion.
Questions fréquentes
Un Suisse condamné à l'étranger peut-il purger sa peine en Suisse ?
Oui, si les conditions de la Convention sur le transfèrement sont remplies : nationalité suisse, jugement définitif, au moins six mois de peine restante et double incrimination.
Le consentement du condamné est-il nécessaire ?
En principe oui. Le protocole additionnel permet toutefois un transfèrement sans consentement dans certaines conditions, notamment en cas d'expulsion.
La peine peut-elle être augmentée après le transfèrement ?
Non. L'État d'exécution peut adapter la peine mais ne peut jamais l'aggraver au-delà de ce qui a été prononcé par l'État de condamnation.
Note de la rédaction
Cet article a été rédigé à des fins d'information générale sur le droit suisse. Il ne constitue pas un avis juridique et ne remplace pas la consultation d'un professionnel.
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